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Fermerez-vous les yeux pour partir de Cannes ? Prendrez-vous le bateau pour les siècles passés ? Ce n’est qu’à 20 minutes d’ici ! Un bon dans l’histoire, bon pour porter le Masque de fer, pour aller prier dans un silence ponctué de petites brises marines, pour sentir sous ses pieds nus l’herbe seulement foulée par les pieds pieux des moines et leurs sandales de cuir. Un petit saut de 20 minutes pour voir sur les murs de pierres des forts et châteaux, les marques des guerres passées en trous béants et forteresse de dentelles. Un voyage minuscule pour éprouver la sensation miraculeuse de ce qu’était la côte d’azur, et sa nature, depuis toujours et avant le béton. 20 minutes, et l’occasion de sentir l’odeur du soleil sur les pins et fouler un tapis d’aiguilles qui se transforment lentement en terre, en poussière, et tu y retourneras à la poussière.
Moi c’est aux îles que je veux retourner, je m’y battrais loyalement avec les oliviers centenaires, y lècherai les troncs d’eucalyptus, me frotterai la peau du dos aux cactus trop fiers pour me regarder ; je m’agenouillerai dans ce monastère silencieux, vers 4 heures du matin pour essayer d’apercevoir les 20 silhouettes des 20 âmes qui vivent là, certains n’ont pas 30 ans. Je me baignerais nus dans l’eau qui les protège, comme dans un liquide indispensable ; je la boirais même, cette eau de mer !
Et en retournant à Cannes je fermerais les yeux aussi. L’odeur des pins au soleil est restée là bas, sur les îles. Une dame croise ma route. N°5 de Ch… . Le même vent traverse Cannes et pourtant il ne vient pas à bout des molécules de fragrances de luxe. La vie est là, aussi à Cannes. Moins vivante, moins jeune mais il y a des centenaires ;  il ya du gibier et de l’herbe aussi, dans les poches du dealer près de la gare. La ville retient son souffle en attendant les lunettes fumées du festival ; elle offre au talons et souliers cossus ses rues propres et ses boutiques exhibées comme des crèmes glacées dans un glacier italien ; très éclairées, brillantes, clinquantes et froides. Il y a des milliers d’églises à Cannes aussi, de luxe, des églises et des temples érigés aux multiples dieux des grandes marques. (Hermès, dieu des voyageurs et du bornage. )(Gucci, dieu du sac à main et de la chaussure merveilleuse).

De Cannes à Lérins il y a un monde, fermez les yeux !



Comments :

Y'a pas photo...Pourtant 2O minutes de trajet n'est vraiment pas la mer a boire...
entre le luxe et la luxure il doit y avoir des courants non? Mais les photographes ne sont peut etre pas marin mais marrant.
Joli résumé sur votre escapade ...


Keuschheit ist eine Tugend!



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Benoit PAGE
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