Le ressort
Je suis mangé de solitude, rouillé du temps qui a passé sur mon dos rond. Moi qui écrit, pensez vous que je suis un homme… Tapi en attendant le frère qui passera pour être mien, le frère propice. Je suis.
Moi qui écris, je suis un ressort mangé par mon triste sort. Petit doigt de fée, au gant vert, de laine, petit doigt de frère, prend le papier de verre pour frotter mon dos rond. Taigne, vieux frère avec qui je me dispute, gratte mon dos infini de ressort de fer. Le sort m’ampute de mon inséparable mécanisme de mon moteur. Allez, mon frère, prend la papier de verre avec tes mitaines de laine d’acier pour me dérouiller ! Allez mon frère, tu n’es pas encore mort, défait moi de ma rouille, tu en a la force. Sans toi je ne sortirai pas de ce vieux garage. Je suis prêt de l’étau.
La rouille gagne tout.
Allez, peins mon écorce rousse en bleu, de ta main droite, lève ton pouce, ouvre la porte du garage sur l’azur. Entre dans mon jardin gris et blanc de poussière qui sent l’esprit de sel ! Tend ton esprit vers moi et donne à mon corps de ressort, l’impulsion nouvelle !


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